Category: Livres,Romans et littérature,Livres de référence
Soldats: Combattre, tuer, mourir : Procès-verbaux de récits de soldats allemands Details
Pendant toute la guerre, les Britanniques ont procédé à des écoutes systématiques de milliers de prisonniers allemands et ont transcrit les passages de ces conversations qui leur paraissaient présenter un intérêt spécifique (stratégie, organisation de la chaîne de commandement, moral des troupes évoluant au fil de la guerre selon que les soldats étaient sous-mariniers ou marins, dans l'armée de l'air ou l'armée de terre, etc.). Ces procès-verbaux reposaient dans les archives sans que quiconque en saisisse l'importance décisive. Dans un premier temps, leur lecteur a l'impression d'entendre parler les soldats, avec la rude franchise de la camaraderie lorsque ceux-ci racontent leurs combats, la mort donnée et la mort reçue. Très vite, cependant, il comprend la nature inédite de cet ouvrage : jusque-là, les historiens, pour étayer leurs recherches sur la perception de la violence et la propension à tuer, utilisaient des sources très problématiques (dossiers d'enquête, descriptions dans les lettres de la poste aux armées, récits de témoins oculaires, Mémoires), car rédigées en toute conscience pour un destinataire - un procureur, une épouse restée au domicile, voire un public auquel on communiquait une vision propre des choses. Mais lorsque les soldats internés dans les baraquements britanniques parlent entre eux de la guerre en temps réel, c'est sans intention particulière, ils disent ce qu'ils pensent et ce qui les meut (course aux décorations, massacres des populations civiles et viols des femmes, mépris pour les soldats italiens et peur panique des représailles de l'Armée rouge, sentiment de l'inéluctable défaite et culte du Führer, etc.). Cette source brute, sans apprêt, conduit à porter un regard tout à fait neuf sur la mentalité de la Wehrmacht, fruit d'une éducation étrangère à l'humanisme libéral et porteuse de valeurs cimentées par l'appartenance de l'individu à un collectif, qui en tout lui sera supérieur. La nazification est alors une ultime couche idéologique, ce complément qui fit notamment basculer les soldats des crimes de guerre dans ceux contre l'humanité.

Reviews
...pourrait être le sous-titre de ce livre tant il ressort une totale absence de mauvaise conscience de la part de ces soldats du III°Reich enregistrés à leur insu dans un camp de prisonniers de guerre. Les seuls regrets plus ou moins exprimés se rapportent au traitement des prisonniers russes; plusieurs prisonniers allemands sont d'accord pour dire qu'en gros "cela ne se faisait pas" de traiter ainsi (famine, exécutions de masse etc.) les millions de prisonniers faits par les forces allemandes à partir de 1941. Pour le reste....les regrets n'arrivent qu'à partir de moment ou la victoire n'est plus une certitude et où le Vaterland fait connaissance avec les ravages de la guerre grace au Bomber Command et à la 8°Air Force.....Un livre très intéressant qui se lit d'une traite et permet d'entrer dans la psyché de prisonniers allemands qui pour la plupart ne reniaient rien de leurs combats passés.
Subscribe by Email
Follow Updates Articles from This Blog via Email


No Comments